Meuble Japonais
Si d’aventure on vous propose d’acheter un tansu, sachez que cela n’a rien d’illicite puisqu’il s’agit d’un meuble japonais.

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Le tansu, qui signifie littéralement « boîte », désigne tout à la fois une commode, un coffre, un placard, bref, il entre dans la catégorie des meubles de rangement. Le mobilier japonais étant plutôt réduit, c’est en somme un meuble à tout faire. Contrairement aux meubles chinois, le meuble japonais offre un design caractérisé par sa sobriété, sa simplicité et sa fonctionnalité. Un tansu ancien possède des tiroirs à l’intérieur brut, c’est-dire ni verni ni ciré. Ses formes rectilignes, en bois léger (cèdre ou cyprès) sont généralement naturelles, hormis la façade en bois plus lourd parfois décoré et laqué. La position assise à terre étant la norme, le meuble japonais ne comporte pas de pieds et possède des tiroirs accessibles du sol. Ce meuble asymétrique, souvent divisible en plusieurs parties, comporte des poignées sur le côté. Cette particularité date de l’époque où les maisons étaient construites en bois et en papier, ce qui permettait d’emporter rapidement ses biens en cas d’incendie. Peut-être est-ce de là que vient l’expression « sauver les meubles ».
Le meuble japonais est, parmi l’ameublement asiatique, le meuble le plus sobre. Une pièce de style japonais comporte d’abord un tatami qui est un tapis en pailles de riz tressées d’environ 90cm X 180cm. Il sert d’ailleurs de mètre étalon pour mesurer les pièces au Japon. Il offre la caractéristique de garder la chaleur en hiver et de donner de la fraîcheur en été. Sur ce tatami se trouve posée une table basse. Les tables basses japonaises sont très dépouillées, pour ne pas dire minimalistes : un plateau en bois rectangulaire, posé sur des pieds très courts. C’est le seul élément qui se rapproche du mobilier chinois, encore que les tables chinoises soient généralement laquées, ce qui n’est pratiquement jamais le cas au Japon. Autour de la table, des chaises sans pieds qui sont en fait constituées d’une assise, d’un dossier à inclinaison réglable et d’un coussin. Il en existe également avec un accoudoir amovible et le matériau varie selon qu’il s’agisse d’un meuble ancien ou plus moderne.
L’élément indissociable du mobilier japonais est le futon. A l’origine, c’était un matelas extrêmement fin qu’on installait le soir sur le tatami pour dormir ; le matin, il était roulé et rangé pour gagner de la place. Puis le futon s’est modernisé à mesure de son expansion. Il faut dire que c’était le couchage idéal pour une petite pièce. Au fil du temps, il s’est transformé jusqu’à atteindre l’épaisseur d’un matelas standard. D’ailleurs, le futon utilisé en occident n’a rien à voir avec les antiques futons japonais. Il intègre souvent une couche de mousse ou de latex ajouté au coton qui en est le matériau de base. Ce meuble asiatique a sa place aussi bien dans la chambre en tant que lit, que dans un salon où il fait office de canapé et de lit d’appoint pour des invités.
Un autre élément a son importance dans le design japonais : les portes coulissantes ou les paravents. Ce que nous nommons porte coulissante est en réalité une cloison en papier servant à séparer les pièces. Son installation nécessitant une installation particulière, vous pouvez vous rabattre sur un paravent qui est un meuble asiatique à lui tout seul. Composé de plusieurs volets, il est généralement en bois et papier de riz décoré de dessins ou de calligraphie. En plus d’être très décoratif, il ménage des espaces d’intimité tout à fait acceptables.
Il faut également respecter l’asymétrie qui a une signification particulière. Les japonais la considère comme constructive, alors que la symétrie est perçue comme synonyme de stagnation. Sobriété ne signifiant pas nudité, vous pouvez ajouter quelques objets décoratifs, en en limitant toutefois le nombre. Tout le monde a entendu parler des célèbres estampes japonaises. A défaut d’investir dans une estampe originale, dépense qui n’est pas à la portée de toutes les bourses, il en existe des reproductions tout à fait abordables. Elles se marieront agréablement avec les tons beiges et blancs qui prédominent dans la décoration japonaise. Au dessus du futon, un éventail géant ou un kakemono (rouleau de soie ou de papier peint ou calligraphié à l’encre) mettra une légère touche de couleur.
Pour parachever votre décoration, évitez les gros bouquets tels que nous les connaissons ici. Sans aller jusqu’à suivre des cours d’ikebana (tradition d’art floral qui remonte à plus de treize siècles), il vous suffira de vous inspirer de quelques images pour disposer harmonieusement quelques fleurs. Le meuble japonais est toujours sublimé par ces petits détails qui accentuent l’atmosphère de sérénité.
